Méditation du mercredi (29)

Si vous êtes fans des séries télévisées québécoises comme O’, 19-2, Lance et compte, Nouvelle Adresse ou Unité 9, il y a de fortes chances que vous soyez en deuil d’un personnage décédé. Cela finit par peser lourd sur un hiver qui n’en finit plus. Marc-André Lemieux, du Journal de Montréal, s’est entretenu avec les auteurs et les producteurs de ces séries télévisées. Avertissement : son article contient bien entendu des spoilers. Cependant, la citation suivante n’en contient pas vraiment, puisqu’il était prévu que ce personnage meurt.

Depuis quelques semaines, plusieurs téléspectateurs partagent leur ras-le-bol des décès en cascade sur Twitter et Facebook. Richard Blaimert, qui signe les textes de Nouvelle Adresse, prend cette vague de commentaires avec un grain de sel. «Les gens ont besoin de ventiler, dit-il. L’hiver a été long. C’est dur. Les téléspectateurs ne veulent pas être menés en bateau. Mais quand c’est bien écrit, bien joué et bien réalisé, ils apprécient. Pour la mort de Nathalie, les commentaires étaient extrêmement positifs.»

Source : LEMIEUX, Marc-André. « Morts en série ». Le Journal de Montréal, 31 mars 2015.

 

 

Méditation du mercredi (28)

Samedi dernier, Le Devoir a publié un article sur les fanfictions, écrit par Émilie Folie-Boivin et qui est en lien avec la critique sur la version française du premier tome d’After. Notre citation de la semaine nous rappelle qu’il existe autant de bonnes que de mauvaises fanfictions :

Pour trouver les perles dans cette botte de foin, il faut toutefois fouiller le Far West virtuel. Longtemps. On y trouve de tout, par catégories, dans un système ressemblant à celui des sites pornos, et pour tous les goûts. Même les plus discutables. « Les gens qui aiment les fanfictions recherchent des trucs que le monde imprimé ne peut leur offrir… », explique Chantal Martineau, longtemps lectrice de ces récits. Elle a passé plus de 1500 heures à traduire en français des fanfictions inspirées de la série Lois Clark, dans les années 1990. « Oui, ces histoires peuvent être de la merde. J’ai traduit des histoires plates à mourir, mais les gens en redemandaient ! Il existe aussi de la bonne fanfiction, écrite [toujours bénévolement] par des gens qui se forcent à bien faire les choses et qui mérite d’être partagée », estime-t-elle.

Source : FOLIE-BOIVIN, Émilie. « « Fan » de rêve ». Le Devoir, 21 mars 2015.

Méditation du mercredi (27)

Un énorme dossier sur la culture fan a été publié aujourd’hui sur Vulture. Dans ce dossier, on retrouve entre autre un essai de Laura Miller sur les fanfictions, les origines de celles-ci ainsi que les sujets de prédilection de ses auteures, principalement de sexe féminin :

At the risk of stating the obvious, what most fic testifies to is that its authors are really, really interested in men. The prevalence of unconventional sex, homoerotic passion between hitherto straight characters, and outlandish scenarios like male pregnancy are attention grabbers and also create the false impression that fic is primarily about sex. But the undeniable signature of a writer’s fic orientation isn’t eroticism but confession, the frank and extended discussion of emotions. If porn offers men the vision of women whose carnality is neither elusive nor mysterious, fic offers its mostly women readers men whose inner lives are wide-open books — not so easy to find in popular culture.

Source : MILLER, Laura (2015). « You Belong to Me. The fanfiction boom is reshaping the power dynamic between creators and consumers ». Vulture.

Méditation du mercredi (26)

La citation de cette semaine provient d’un récent article d’Amanda Potts de l’université de Lancaster (Angleterre). Spécialiste en analyse du discours, elle s’est intéressée aux interactions entre certains joueurs de Minecraft, dont Sjin et Sips, qui exprimaient parfois des sous-entendus homoérotiques entre eux.

Regardless, [Sjin’s] lack of concern with fan perception of him as gay or straight, masculine or feminine, has made an important contribution to the community: ‘not only does homophobia cease to be a tool of masculine marginalization, but homophobic expressions become stigmatized’ (Anderson, 2007, p. 606) in their most derogatory forms (e.g. ‘fag’) or gain ironic meaning, thereby building solidarity and allowing for creativity (e.g. ‘no homo’). Incorporation of queer and nonheteronormative discourses in these videos – watched by hundreds of thousands, subscribed to by over a million – has a nearly unprecedented opportunity to undergo a trickle-down effect on viewers, who are involved in the participatory culture of the social media platform. Commenters have been observed to use the online community created by Yogscast fandom to explore their understanding of homosocial and homosexual relationships, ‘working through social experiences and concerns’ (Jenkins, 1992, p. 215) by voicing their own emotions and experimenting with establishing norms. In this community, bigotry is much less tolerated than in other areas of online gaming, though ‘decreased homophobia does not necessarily result in a dissipation of sexual identities’ (McCormack & Anderson, 2010, p. 855), as evidenced by the occurrence of ‘no homo’ in many comments.

Source : POTTS, Amanda (2014). ‘LOVE YOU GUYS (NO HOMO)’. How gamers and fans play with sexuality, gender, and Minecraft on YouTube. Critical Discourse Studies, p. 22.

Méditation du mercredi (25)

Alors que notre dernier billet abordait les « spoilers » dans Lost, la citation de cette semaine provient d’une recherche menée par Jonathan Gray et Jason Mittell, eux-mêmes fans de Lost, qui s’interrogent sur les fans de « spoilers ».

We approached this research with a similar sense of uncertainty – both of us are dedicated Lost fans who avoid spoilers to the best of our abilities. Because we both explore and participate in the online fan communities around the show, we have seen the engagement around spoilers among hardcore fans, and wish to understand how such practices fit into larger norms of narrative comprehension, fan community, and textuality. Additionally, one of us is married to a dedicated spoiler fan of Lost, and thus the conflict and disconnect between spoiler avoiders and consumers plays out each week in front of the television. As academics trained to view texts as creative works within particular consumption norms, we certainly carry some degree of judgmental skepticism toward spoiler fans, regarding such practices as aberrant violations of normal viewing protocols. But as cultural scholars trained to examine fan practices not as a stigmatized “other,” but as legitimate forms of cultural participation and engagement, we turn to the practices and self-descriptions of spoiler fans to understand this alternative viewing practice within our midst.

Source : MITTELL, Jason et Jonathan GRAY (2007). Speculation on spoilers: Lost fandom, narrative consumption and rethinking textuality. Particip@tions, 4(1).

Méditation du mercredi (24)

Pour poursuivre dans la voie du transmédia, cette citation, tirée d’un texte de Tom Abba, est davantage centrée sur les œuvres de science-fiction.

Sf has long sought to illuminate the world in which we live. That desire for illumination has accompanied the development of the form throughout its history, and continues to do so in our increasingly networked present. What the emergence of multiplatform narrative might illustrate in addition, though, is a methodology for considering the future role of the reader of sf.

Source : ABBA, Tom. « Hybrid Stories: Examining the Future of Transmedia Narrative. » Science Fiction Film and Television 2.1 (2009): p. 73.

Méditation du mercredi (23)

Pour poursuivre dans la thématique brony, nous vous proposons cet extrait tiré d’un article publié en 2013. L’auteur de cet article, Kevin Veale, compare My Little Pony : Friendship is Magic (MLP:FIM) à un jeu en réalité alternée. Prenant l’exemple d’une référence à The Big Lebowski, il explique comment cette référence affecte autant ceux qui sont devenus fans de MLP:FIM que ceux qui ne le sont pas.

For someone who is already engaging with MLP:FIM and invested within its paratext, this will function as an Easter egg: it invokes a broader community of viewers who likewise get the gag, and by playing with the audience this way, it suggests that the creators of the show share the same sense of humor. However, for someone who isn’t already engaged with MLP:FIM and its context, the same material could function as a rabbit hole, prompting viewers to reevaluate their impression of the series and investigate further. The distinction between the two exists entirely at the level of affect and mode of engagement.

Source : VEALE, Kevin. 2013. « Capital, Dialogue, and Community Engagement—My Little Pony: Friendship Is Magic Understood as an Alternate Reality Game. » Transformative Works and Cultures, no. 14.

Méditation du mercredi (22)

Depuis le 24 décembre, il est possible de consulter le rapport sur les œuvres transformatives établi par Valérie Laure Benabou et Fabrice Langrognet du Conseil supérieur de la propriété littéraire et artistique (CSPLA). Ce dernier a pour mission de conseiller « le ministre [français] de la culture et de la communication en matière de la propriété littéraire et artistique ». (Source) L’extrait suivant établit des liens entre l’art et les emprunts, une réflexion qui pourrait également s’appliquer aux fanfictions.

De longue date, l’art a été pensé comme une transformation. Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme. Selon cette tradition intellectuelle, qui voit dans l’art une réappropriation, une reconfiguration constante, aucune œuvre ne sort toute armée de la pensée de son auteur. En matière littéraire, il n’est que de penser aux différents niveaux de relations « transtextuelles » dont Gérard Genette a dressé la typologie : au-delà de la citation (intertextualité), des rapports de commentaire, explicite ou non (métatextualité), la genèse d’un texte met en œuvre des processus de dérivation (hypertextualité) et d’inspiration (architextualité) par rapport à des textes antérieurs. A ces notions, certains préfèrent aujourd’hui les termes « tissage, bibliothèque, entrelacs, incorporation, ou tout simplement dialogue ». Mais l’idée reste la même : l’œuvre nouvelle n’est qu’un tamis de références, d’emprunts et d’échos.

Source : BENABOU, Valérie Laure et Fabrice LANGROGNET. Rapport de la mission du CSPLA sur les « oeuvres transformatives ». 2014, p. 4.

Méditation du mercredi (21)

Ce mois-ci, la revue électronique TV/Series a publié son numéro intitulé « Écho et reprise dans les séries télévisées (III) : de la métafiction à la transmédialité ». L’extrait que vous nous présentons est tiré d’un article de Florent Favard sur Doctor Who :

Ce que les [documentaires] contemporains [sur Doctor Who] dévoilent, ce sont d’abord des passionnés, et, tout particulièrement en ce qui concerne la nouvelle série, des fans de Doctor Who. Matt Hills détaille le processus qui a poussé de jeunes spectateurs et spectatrices de la série classique à devenir professionnels, souvent par le biais d’activités de fans (fanzines, fanfiction, etc.) puis via l’univers « étendu » de Doctor Who (écriture de romans, production d’aventures audio, etc.) jusqu’à participer à la résurrection de la série en 2005. Hills note que cette « Doctor Who Mafia » va à l’encontre des thèses initiales de Henry Jenkins, de l’idée d’une séparation stricte entre les primo-producteurs et les fans. Davies, puis Moffat, mais aussi David Tennant, interprète du Dixième Docteur, et Peter Capaldi, du Douzième, s’avouent volontiers fans de la série classique, et ce positionnement de fan-turned-gamekeepers (« fans devenus maîtres du jeu », comme les nomme Hills) est valorisé par la communication de la BBC, qui y voit un gage de respect du matériel narratif face aux fans les plus exigeants.

Source : FAVARD, Florent. « Continuité, canonicité et complétude dans Doctor Who » TV/Series, numéro 6 (2014), p. 197-198.

 

 

Méditation du mercredi (20)

Pour poursuivre avec la thématique Disney de cette semaine, nous vous présentons un extrait tiré d’un récent article à propos de D23, le fan club officiel de Disney. Adam Sanderson, qui est à la tête de cette organisation, justifie l’utilisation de la technologie digitale pour rejoindre les fans.

« Look, we’re honestly just following in Walt’s foot steps here. I mean, think about it. He was an early adopter of technology. Those early Mickey Mouse shorts were among the first films to feature synchronized sound. Likewise that Fantasound system which Disney technicians developed for the original theatrical release of ‘Fantasia.’ That predated the elaborate sound systems that we find in movie theaters today. And back in the 1950s, when all of the other studios in Hollywood were hesitating to get into television, Walt leaped in with both feet, » Adam explained. « So to now make use of new technologies like live-streaming so that some of D23’s panels and presentations can then be available to fan club members in far-off corners of the globe, that — I feel — is a way to honor Walt’s innovative spirit. More importantly, that there’s a real opportunity here to grow and change the Official Disney Fan Club in a way that’s consistent with the way that people now interact with media. « 

Source : http://www.huffingtonpost.com/jim-hill/d23s-adam-sanderson-sees_b_6369822.html