Nous sommes fans… de football

C’est cette semaine que débutera la 20e Coupe du Monde de la FIFA (Fédération Internationale de Football Association) qui a lieu cette année au Brésil. Selon la Fédération, près de 3 millions de billets ont été vendus, dont 60 % à des Brésiliens : « Derrière le pays hôte (1 363 179 billets achetés), les États-Unis mènent le classement international avec 196 838 billets, suivis de l’Argentine (61 021), l’Allemagne (58 778), l’Angleterre (57 917), la Colombie (54,477), l’Australie (52 289), le Chili (38 638), la France (34 865) et le Mexique (33 694). » (Source)

Bien entendu, avant d’être fan d’une équipe nationale, une personne adepte de football va souvent s’identifier à une équipe locale. Dans la thèse « Sociologie des supporters de football. La persistance du militantisme sportif en France, Allemagne et Italie. », Paul Bartolucci s’est intéressé aux supporteurs de trois clubs d’équipes locales : le Racing Club de Strasbourg, le Fussball Club Union Berlin et le Torino Football Club. Adoptant une approche socio-anthropologique, Bartolucci explique que le supporter vit un cocktail émotionnel, causé possiblement par l’imprévisibilité du match :

À la différence du cinéma ou du théâtre, le match de football est un spectacle non-reproductible. Par conséquent, le suspense est d’une toute autre nature et il se produit une émulation collective toute particulière propre aux évènements historiques en cours d’écriture. En outre, le suspense propre au football est d’autant plus captivant qu’il s’agit du sport où la propension qu’a l’équipe la plus faible sur le papier de battre l’équipe la plus forte est la plus importante. (Bartolucci, 2012, p. 275-276)

Bartolucci n’est pas le seul à s’intéresser aux supporteurs de football. Les premières études à ce sujet proviennent principalement de chercheurs britanniques, à partir de la fin des années 1960. D’autres pays, dont la France, l’Allemagne et l’Italie, ont par la suite contribué au champ d’études. (Bartolucci, 2012, p. 26) Une des références dans ce domaine est Christian Bromberger. Professeur d’ethnologie, il est l’auteur de plusieurs publications concernant le football, incluant « Allez l’O.M.! Forza Juve! La passion pour le football à Marseille et à Turin » et « Sport, football and masculine identity ». Une partie de ces publications est disponible sur le site Internet des Classiques des sciences sociales de l’Université du Québec à Chicoutimi.

Certains chercheurs vont également se pencher sur le rôle des supporteurs dans d’autres sphères de la vie publique. Par exemple, Robbert Woltering jette un regard sur l’implication d’ultras (ou partisans inconditionnels) dans la révolution égyptienne de 2011 :

In hindsight it is not strange that Egypt’s hardcore football fans could play their revolutionary part. They were young, disciplined and experienced in physical confrontations. More importantly, the Ultras had cultivated a strong group cohesion in which a sense of self-worth could be experienced by means of participating invarious forms of resistance against the powers that be. (Woltering, 2013, p. 301)

Qu’en sera-t-il du comportement adopté par les supporteurs à la Coupe du Monde ? Qu’en sera-t-il de celui des opposants qui ont contesté le montant investi pour accueillir cette Coupe ? Qu’arrivera-t-il après la Coupe ? Ce dossier, récemment publié dans La Presse, donne un aperçu en attendant le premier coup d’envoi.

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