Nous sommes fans… des vampires

Le mois d’octobre est propice aux histoires de monstres fantastiques, surtout au cinéma. Pour ce billet, nous allons nous pencher spécifiquement sur les fans de vampires, qu’ils soient ceux de Bram Stoker, d’Anne Rice ou de Stephanie Meyer.

En 2009, Stijn Reijnders étudie deux différents groupes de fans de Dracula. Le premier est un groupe de touristes américain effectuant un « Dracula Tour » en Roumanie et le deuxième est composé de membres de la Dracula Society visitant Whitby, une ville côtière d’Angleterre. Parmi ces fans, certains d’entre eux tentent d’associer la réalité des lieux visités avec celle dépeinte dans l’histoire de Bram Stoker :

Obviously, not all Dracula fans are equally ardent in this pursuit. Finding reality in fiction is, in theory, a never-ending activity. One fan will put more energy into this than another; some fans become truly caught up in the research and sleuthing that is involved. On top of this, it is clear that fans accumulate a degree of knowledge over time. There are many different individuals, associations and organisations around the world which are devoted to studying everything that is associated with Dracula. This Dracula fan culture has existed for many decades, but since the spread of the Internet in the 1990s it has truly taken off. In the year 2010, potential Dracula tourists have an extensive digital archive at their disposal, with background information, travel accounts, academic studies, and commercial travel offers. In this sense, the contemporary Dracula tourist is not only following in the footsteps of Count Dracula, but also of earlier fans— the ‘scouts’ in the 1970s and the following generations of Dracula fans. (Reijnders, 2011, p. 7)

Plus tôt en 1999, Sébastien Arsenault rencontrait des personnes vampiriques à Montréal dans le cadre de sa maîtrise. À cette époque, ce phénomène intéressait les journalistes, qui donnaient mauvaise impression aux personnes personnifiant des vampires. Or, Arsenault souhaitait apporter un éclairage davantage anthropologique.

Les premières manifestations de l’existence de personnes vampiriques sont apparues dans le milieu des années 1980. Si on se fit à la théorie de Hannerz sur le processus culturel, que j’ai résumé précédemment, le moment de l’apparition de la sous-culture n’est pas un hasard. En effet, cette période coïncide avec une revitalisation du mythe du vampire provoquée par la popularisation d’une nouvelle image du personnage, élaborée par Anne Rice en 1976 et adoptée par d’autres auteurs. Ce vampire, en faisant connaître son point de vue, laisse entrevoir un univers rempli de passions, de sensations exacerbées, de connaissances et d’aventures. Le vampire contemporain semble posséder un attrait et un potentiel d’identification inégalés par ses prédécesseurs. Une sous-culture vampirique n’aurait probablement jamais pu apparaître sans cette nouvelle image du vampire. (Arsenault, 1999, p. 75)

Alors que les personnes vampiriques rencontrées par Arsenault avaient un penchant pour l’érotisme, les fans de Twilight s’intéressent au message d’abstinence prôné par la saga. C’est ce qu’ont constaté Jennifer Stevens Aubrey, Elizabeth Behm-Morawitz et Melissa A. Click en effectuant un sondage en ligne auprès de 627 adolescentes fans et des entrevues avec 24 adolescentes fans.

Although we cast a critical eye on the text, we still validate fans’ view of sexuality in Twilight. For some of the fans we interviewed and surveyed, Twilight can be viewed as a shelter in a hypersexualized media environment. Our data suggest that at least some of the fans want media messages of romance rather than explicit sex. Further, we are sensitive to girls viewing Edward as the ideal romantic partner because he epitomizes the conflicting needs of adolescent girls who have sexual feelings but are nervous about acting on them. It also appears that Twilight connects with this particular generation of girls because many of them have grown up in a time when abstinence-only sex education was commonplace in their schools and communities. Like some of our focus group participants told us, they had heard their parents and teachers preach abstinence, but reading Twilight was the first time that it appeared to be a desirable option. (Aubrey, Behm-Morawitz et Click, 2010)

En conclusion, le vampire, comme toute autre créature fantastique, nous renvoie à notre identité humaine, plus particulièrement celle que nous cachons aux yeux des autres. Quant à savoir s’il faut accepter notre côté sombre ou, au contraire, la contrôler, il s’agit d’une toute autre histoire.

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