Comiccon de Québec : réflexion sur les attentes d’une première édition

Samedi dernier, je suis allée au Comiccon de Québec. Une expérience très agréable, avec des rencontres intéressantes, de beaux costumes et une panoplie de marchandises à vendre. Cependant, ce billet n’a pas pour but de faire un compte-rendu de ma visite, mais plutôt d’offrir une réflexion sur les attentes que nous nourrissons envers un événement.

 

Mise en contexte : il s’agissait de la première édition du Comiccon de Québec et l’organisation avait annoncé plusieurs invités. Cependant, certains d’entre eux, tels que Lou Ferrigno (L’Incroyable Hulk), Stephen Yeun (The Walking Dead) et Peter Mayhew (Star Wars), avaient annulé leur présence. Je pouvais apercevoir la déception de plusieurs fans sur Facebook et je me demandais si cela allait affecter la survie de la convention, qui n’avait pas encore débuté.

 

Heureusement, j’avais tort, puisque ce Comiccon a reçu plus de 9000 visiteurs pendant cette fin de semaine (Source), beaucoup plus que les 4000 à 5000 visiteurs attendus par les organisateurs (Source). Encore mieux : selon l’équipe de Puissance Maximale, le Comiccon de Québec reviendra en 2015 (Source). Comme l’indique le titre d’un livre écrit par Pete Blackshaw (Satisfied Customers Tell Three Friends, Angry Customers Tell 3,000), ce sont les gens insatisfaits qui parleront le plus sur les réseaux sociaux.

Puis, en effectuant des recherches sur les attentes des fans, je suis tombée sur cet article écrit par Clothilde Sabre en 2009. Dans « Être vendeur, être fan : une cohabitation difficile », Sabre effectue une ethnographie d’un magasin de Lille spécialisé dans le domaine du manga et analyse l’attitude des vendeurs ainsi que celles des clients. La citation suivante résume bien ce qui causera l’impopularité de ce magasin :

Le conflit provient donc d’un décalage de conception de l’activité du personnel : l’équipe des vendeurs, emmenée par [leur employeur], a tenté d’établir une limite très marquée avec les clients et par là avec la communauté des fans. Selon cette perspective, l’espace du magasin repose sur cette communauté, mais il est avant tout dédié au commerce, les valeurs positives sont celles liées à la vente car on est dans un espace professionnel où les vendeurs exercent leur métier. « Squatter » la boutique n’est donc pas acceptable car c’est un comportement qui n’entre pas dans le mandat revendiqué par les vendeurs. Pour ces fans « squatters », au contraire, cette revendication est abusive : ils considèrent que la différence statutaire des vendeurs n’est pas prioritaire sur leur statut de fans, et qu’à ce titre, en tant que membres de la même communauté de goût, ils sont en droit d’occuper un lieu dédié à leur passion. (Sabre, 2009, paragraphe 57)

Même si cette étude date de cinq ans, elle demeure pertinente pour une personne souhaitant étudier les fans ou pour un commerçant souhaitant adopter un comportement acceptable pour sa clientèle, car il ne faut pas prendre les fans pour des cons. Selon moi, un événement ou un commerce doit miser davantage sur l’expérience plutôt que la rentabilité, même si cette dernière est essentielle sur le long terme. Nous pourrions débattre longtemps sur la différence entre une bonne et une mauvaise convention de fans, mais je crois qu’il faut ici saluer la présence d’une convention supplémentaire, surtout lorsqu’elle devient accessible à ceux qui ont la distance pour obstacle principal.

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