Un chercheur et son fandom (29) – Analyse psychologique des jeunes cosplayers italiens

[Cet article a été publié originellement le 19 septembre 2015 sur Syndromemag.]

Pour cette semaine, notre sujet provient d’un article publié cette année dans le Mediterranean Journal of Clinical Psychology. Malgré les limites méthodologiques de cette étude, cette dernière donne un aperçu des différences entre les jeunes cosplayers et les jeunes non-cosplayers vivant en Italie.

À propos des auteures
S’il est difficile de connaître le travail d’Eugenia della Valle et de Marzia Rossetti, nous pouvons supposer, en nous fiant à la bibliographie de cet article, que Daniela Cantone est la personne la mieux placée en terme d’études sur le cosplay, comme le démontre un de ses articles paru en 2013 (en italien). Ces auteures sont affiliées au département de psychologie de l’université de Naples II.

À propos du sujet
Les études sur le cosplay sont nombreuses. En 2009, Norris et Bainbridge soulignent que, plus que le simple fait de porter un costume, la pratique du cosplay amène les personnes à vivre le même habitus que les personnages qu’ils interprètent. À propos des raisons amenant ces personnes à faire du cosplay, Lotecki (2012) remarque un désire intense d’amusement, de socialisation et de faire partie d’une communauté alors que Rahman (2012) connote une pratique permettant de combler un vide dans la vie de ces personnes. Enfin, la communauté des cosplayers est reconnue pour être très active sur les plateformes virtuelles, notamment pour apprendre et améliorer leurs compétences en création de costumes selon Lamerichs (2011).

À propos de la recherche
Pour cette recherche, les auteures ont comparé un groupe de jeunes cosplayers avec un groupe de jeunes non-cosplayers. Le premier groupe, réunissant des jeunes âgés de 15 à 23 ans, a été sélectionné entre novembre 2012 et avril 2013 à travers trois événements se déroulant en Italie : le Lucca Comics & Games, le Salerno Comicon et le Napoli Comicon. Quant second groupe, il a été sélectionné entre avril et juin 2013 dans une école secondaire et des universités de la région de Campanie. Tous les participants ont répondu à un questionnaire.

Parmi les résultats du questionnaire, il est intéressant de constater que le groupe de cosplayers est composé de 98 femmes (68 %) et de 48 hommes (32 %) alors que le groupe de non-cosplayers est composé de 98 femmes (65,8 %) et de 51 hommes (34,2 %). Si les deux groupes rassemblent principalement des hétérosexuels (98,6 % pour le groupe de non-cosplayers et 85,9 % pour le groupe de cosplayers), il y a plus de cosplayers s’identifiant comme homosexuel ou bisexuel. Enfin, 56,7 % des non-cosplayers sont dans une relation stable contre 38,9 % des cosplayers.

Dans la partie consacrée à l’analyse des résultats, les auteures suggèrent que l’imitation de personnages fictifs chez les cosplayers peut avoir le rôle de facilitateurs sociaux en leur donnant la chance de vivre quelque chose qu’ils ne peuvent expérimenter dans la « vraie vie ». Cette expérimentation peut aider les cosplayers à élaborer leur propre identité sexuelle. Bien entendu, il ne s’agit pas du seul aspect analysé par les auteures.

Pour en savoir plus sur cette étude, vous pouvez la consulter à l’adresse suivante : http://cab.unime.it/journals/index.php/MJCP/article/viewFile/1084/pdf_58

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