Un chercheur et son fandom (36) – Brienne et le genre chevaleresque

[Cet article a été publié originellement le 21 novembre 2015 sur Syndromemag.]

Récemment, Pop-en-stock a lancé un appel à communications pour son colloque international, qui aura lieu en juin prochain à Montréal. En attendant cet événement, il est possible de lire un des textes les plus récents écrits par une des collaboratrices de ce site.

À propos de l’auteure
Fanie Demeule est étudiante au doctorat en études littéraires à l’Université du Québec à Montréal (UQAM). Auteure d’un mémoire de maîtrise sur la relation entre anorexie et écriture, elle prépare présentement une thèse sur les personnages féminins de la saga littéraire A Song of Ice and Fire de George R.R. Martin. Ce n’est pas la première fois qu’elle s’intéresse aux personnages féminins : en effet, elle s’est aussi intéressée au personnage de Lagertha Lothbrok dans la série télévisée Vikings.

À propos du sujet
Parmi les nombreux personnages d’A Song of Ice and Fire et son adaptation télévisée Game of Thrones, nous retrouvons Brienne de Torth (Brienne of Tarth), unique héritière du seigneur de l’île de Torth. Consciente du fait que les hommes qui la courtisaient s’intéressaient plus à son héritage qu’à elle-même, elle est devenue une combattante et s’est retrouvée au service de Renly Baratheon, de qui elle était tombée amoureuse.

À propos de la recherche
Dans son texte, Demeule rappelle que l’auteur, George R. R. Martin, a tendance à déconstruire les grands idéaux littéraires du Moyen Âge. L’un de ces idéaux est celui du preux chevalier ou le « knight in shining armor ». Plusieurs des chevaliers de Westeros affichent une moralité douteuse. Nous n’avons qu’à penser à Jaime Lannister, à Ser Jorah Mormont, à Ser Gregor Clegane, à Ser Sandor Clegane, etc. Pourtant, seul l’un d’entre eux fait exception : Brienne, « the Maid of Tarth ».

En se basant sur les vertus morales et physiques du chevalier dans la littérature médiévale, Demeule explique pourquoi Brienne est le preux chevalier de Westeros. D’abord, elle a fait preuve de prouesse (ex. : son combat contre Loras Tyrell), de courtoisie et d’honneur (ex. : sa quête pour retrouver Sansa Stark). De plus, elle fait preuve d’une fidélité sans borne et sans faille envers Renly Baratheon, puis envers Lady Catelyn. Enfin, son code d’honneur a une influence sur certains personnages, comme Jaime Lannister, qui, plus tard, remettra en question sa relation incestueuse avec sa sœur Cersei.

Il est intéressant de noter la cyclicité et la redondance dans les chapitres consacrés à Brienne, surtout dans le quatrième tome de la saga, A Feast for Crow, dans lequel elle va de village en village à la recherche de sa «sœur». Sa quête peut être comparée à celles des récits médiévaux, comme le conte de Perceval ou le cycle arthurien, dans lesquels la quête semble être en perpétuel recommencement. On note également l’ambivalence de son identité : bien qu’elle s’approprie des attributs mâles et rejette sa féminité, elle n’est ni homme, ni femme, se situant dans un entre-deux, soit le troisième sexe.

En conclusion, Demule note que le cas de Brienne est un reflet de notre réalité sociale, dans laquelle féminité doit rimer avec beauté et dans laquelle il est difficile de sortir des sentiers battus dictés par une société hétéronormative.

Pour en savoir plus sur cette étude, vous pouvez la consulter à l’adresse suivante : http://popenstock.ca/dossier/article/brienne-tarth-le-genre-chevaleresque

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