Les années Croc (Jean-Dominic Leduc) | Bulles pop | Épisode 002

Dans ce deuxième épisode, je reçois Jean-Dominic Leduc, comédien, chroniqueur bande dessinée et animateur du balado Vous avez-dit BD?. En plus de publier différents ouvrages sur la bande dessinée, dont Les années Croc (coécrit avec Michel Viau), il s’est occupé des éditions MEM9IRE de 2013 à 2016, puis s’est lancé à nouveau dans le monde de l’édition avec les Éditions Z, une structure parallèle à ses activités de librairies à la Librairie Z.

Dans cet épisode, M. Leduc nous raconte comment il a découvert la bande dessinée, avec notamment Franquin, mais surtout l’impact que la bande dessinée a eu sur lui :

« […] j’ai passé beaucoup de temps seul et… j’étais un enfant, bien, comme tous les enfants, à l’imagination débordante. Et moi, j’ai trouvé un réconfort dans la bande dessinée, et dans cette jonction-là du texte et de l’image. Tout de suite, il y a eu quelque chose. C’est comme si… Ce qui m’a rejoint dans la bande dessinée, et ce qui me rejoint encore à ce jour, c’est que, contrairement par exemple au cinéma, où la séquence narrative, elle est montée, elle est jouée, elle est éclairée, […] elle est postproduite, […] et dans le fond, quand on regarde un film, on est très passif, alors que la bande dessinée, il faut assembler la séquence. Et ça moi, comme enfant, ça correspondait à un besoin de mon imaginaire. D’être à la fois encadré et actif. Et donc, la bande dessinée, pour moi, tout au long de mon enfance, et de mon adolescence, a été mon refuge. C’est à travers elle que j’ai voyagé, que j’ai été au contact d’autres cultures, que j’ai beaucoup appris […]. »

Puis, il y a eu le choc culturel avec Croc, un magazine humoristique québécois auquel sa famille était abonnée :

« En fait, Croc est ma deuxième rencontre au niveau de la bande dessinée. Donc, il y a eu Franquin, à l’âge de cinq ans. Et… très peu de temps après, je suis tombé sur un magazine Croc, dans lequel il y avait du Michel Risque, qu’il y avait des bandes de Gaboury, de Caroline Mérola, de Claude Cloutier, etc. Et là, ça, ça a été le deuxième choc parce que, tout à coup, là, il y avait une bande dessinée faite ici au Québec et donc, qui me parlait dans ma langue. »

Cependant, comment expliquer Croc? Pour M. Leduc, ce magazine était un pied de nez aux institutions, mais c’était plus que ça :

« […] Croc, ça a été, à mon humble avis, le Web 1.0. Et là, je m’explique. […] Jacques Hurtubise [cofondateur de Croc], c’était quelqu’un qui était passionné par l’informatique, entre autres choses. Dès le milieu des années 80, il va doter la rédaction d’ordinateurs. Ça leur a coûté, là, mais une fortune. Il offrait un service de… un peu l’équivalent du Minitel en France, à l’époque, là, un service téléphonique de blagues. Et il a été le premier à décliner sous différentes plateformes son produit. »

Ainsi, à partir du magazine, Croc s’est décliné sous différents formats, que ce soit la télévision, la radio, les bandes dessinées, d’autres magazines satellitaires, mais aussi des produits dérivés :

« Un moment donné, une des primes d’abonné, c’était un jeu de cartes, le jeu de cartes Croc, dans lequel il y a quatre jokers, alors que dans un jeu de cartes, il n’y a jamais plus que deux jokers. Et à l’époque, il y avait la loi sur les règles sur le jeu de hasard et tout ça, et tu ne pouvais pas truquer un jeu de cartes. C’était interdit par la loi. La police l’a su et ils sont débarqués [aux locaux de la rédaction de Croc] faire une descente de police. [Rires] […] Donc, tu travailles pour un magazine humoristique, et là, la police débarque, barricade l’édifice […]. Finalement, ça s’est réglé, là, ils ont fini par comprendre que c’était un gag. »

Cet épisode, rempli d’anecdotes sur l’histoire du magazine, est également rempli d’anecdotes autour de la rédaction des Années Crocs :

« Ça a vraiment été un grand honneur pour moi de coécrire l’ouvrage Les années Croc et de vraiment replonger. C’est neuf mois de ma vie, ça. Les seuls moments que je sortais de là, moi, c’était pour aller tourner à Radio-Canada dans le téléroman que je jouais à l’époque. Et c’était ça mes vacances, en fait. [Rires] C’était d’apprendre mes phrases la veille du tournage, puis de faire mes trucs […]. Mais en même temps, j’avais hâte de retourner. Et il est arrivé à l’occasion que, pendant que je tournais, entre deux scènes, j’avais une entrevue téléphonique. Parce que, moi, je me suis chargé beaucoup de réaliser des entretiens pour ce livre-là. Et te dire les moments, les endroits loufoques où j’ai donné des entrevues, […] c’est assez inusité. »

Et le plus inusité, dans tout cela, c’est que le magazine Croc fut numérisé et rendu disponible par Bibliothèque et Archives nationales du Québec (BAnQ) seulement après la publication des Années Crocs, ce qui aurait pu sauver beaucoup de temps de recherche à M. Leduc! Pour connaître d’autres anecdotes sur l’humour et la bande dessinée québécoise, n’hésitez pas à écouter cet épisode!

Pour consulter le magazine Croc en ligne :
BAnQ numérique

Pour vous procurer le livre :
Les libraires (lien affilié)

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