GeekQCon – G-Anime (2009-)

Depuis une décennie, les conventions de fans commencent à apparaître dans plusieurs régions de la province afin de permettre aux amateurs de profiter de l’expérience de la convention dans leur coin, sans se déplacer dans les grands centres. Il existe aussi un exemple de convention créée tout simplement pour donner une option aux fans d’animation japonaise francophones à proximité d’un important marché anglophone.

G-Anime

G-Anime (Gatineau)

Le G-Anime est organisé par la Société d’animation japonaise de Gatineau (SAJG), un organisme sans but lucratif dont l’objectif est de promouvoir l’animation japonaise dans cette région. Il s’agit d’un festival concentré sur l’animation japonaise qui se tient au Palais des congrès de Gatineau. Il fait partie des petites conventions plus régionales. Toutefois, 40 % de ses participants viennent de l’extérieur de la région, selon les organisateurs. Le festival se tient chaque année au début de mois de février ou à la fin du mois de janvier, une saison morte dans le milieu des conventions. Le G-Anime profite beaucoup de cette absence de compétition et très rapidement, une certaine clientèle s’est formée. L’événement a attiré 830 personnes à sa première édition et ce chiffre atteint facilement les 3000 participants pour la dernière.

Bien que la convention soit techniquement bilingue, elle est majoritairement francophone comme le souhaite Luc Biron, président de la SAJG et fondateur du G-Anime. Il se fait un point d’honneur de mettre le français en avant, surtout à travers les invités. Il décrit la création de la SAJG et du G-Anime comme une « guerre de clocher » avec le marché anglophone du côté de l’Ontario. En effet, c’est un manque d’activités en français dans la région Ottawa-Gatineau pour les fans d’animes qui a mené à la naissance de l’organisme et du festival.

Depuis sa création, le festival a un peu évolué en s’agrandissant et en diversifiant leurs invités et leurs activités. Selon Luc Biron, un de leurs plus grands défis est justement l’éloignement des grands centres, qui rend difficile le fait d’avoir une équipe complètement locale. L’organisateur a aussi remarqué que la compétition est de plus en plus grande dans le domaine des conventions au Québec. Malgré tout, le G-Anime réussit à se démarquer.

Les activités proposées au G-Anime ressemblent beaucoup à ce qu’on retrouve dans les autres festivals : une salle marchande, des salles de jeux, une mascarade et différents panels et invités. Toutefois, il y a quelques particularités qui donnent au festival sa personnalité. Tout d’abord, Luc Biron accorde une grande importance aux invités. « Il faut des invités que les gens veulent », explique Luc Biron. Il faut aussi « “pogner” l’émotion des gens », entre autres avec la présence de doubleurs francophones que les gens vont reconnaître. L’organisation met aussi beaucoup d’efforts pour avoir des invités qui sont populaires, mais aussi que les autres conventions ne présentent pas. Luc Biron a dit de manière directe lors d’une entrevue que le G-Anime a « tous les invités que personne ne fait venir, mais que tout le monde veut voir ». Encore une fois, même si certains invités sont anglophones, l’accent est nettement mis sur le français. Un des buts du festival reste de se démarquer des concurrents anglophones.

Le G-Anime a aussi la particularité de recevoir plusieurs youtubeurs, qu’ils soient québécois (Testeur Alpha, Le Jeu C’est Sérieux, Luduc, etc.) ou étrangers (Le Joueur du Grenier, Antoine Daniel, le Fossoyeur de Films, Bob Lennon, etc.). Luc Biron explique qu’il a commencé à inviter des youtubeurs, car c’était des personnes qu’il connaissait bien, parfois personnellement et, surtout, que ce sont des invités qu’il apprécie. Le reste a suivi naturellement : « Les premiers youtubeurs invités ont ouvert la porte aux autres qui voulaient venir », explique-t-il.

Le G-Anime est l’un des rares festivals à présenter deux éditions dans l’année. En effet, si le festival principal a lieu en janvier, il existe une édition plus modeste en juillet. Le G-Anime d’été, qui s’appelait au départ le chibi-anime, a eu sa première édition en 2012 et ne durait qu’une journée pour augmenter à deux jours en 2015. Plus modeste, cette édition propose moins d’événements de grande envergure et est plus locale. Cette demande d’un événement plus local était d’ailleurs exprimée par plusieurs personnes. De plus, le fait qu’elle se déroule aussi durant une période tranquille au niveau des conventions permet d’offrir les billets à un très faible coût et d’attirer un certain nombre de participants. Une grande place est particulièrement donnée aux jeux vidéo rétro et d’arcade. La raison de cette édition d’été est simple : elle permet de financer l’édition d’hiver. « C’est notre vache à lait », explique Luc Biron. En effet, l’affluence et le fait qu’elle ne coûte presque rien à organiser augmentent la marge de profit, qui est réinvestie complètement dans l’organisation de l’édition principale.

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