GeekQCon – Nadeshicon (2011-)

Plusieurs conventions ont comme thème central la culture populaire japonaise. Les mangas, animes, jeux vidéo et personnages populaires d’hier et d’aujourd’hui sont souvent les vedettes de ces événements. Il arrive que d’autres aspects plus traditionnels de la culture japonaise soient abordés, mais le Nadeshicon a la particularité d’y donner une place aussi grande à la culture populaire. Le résultat est une convention du même type que l’on retrouve partout en Amérique du Nord, mais avec une couleur bien particulière.

Logo du Nadeshicon jusqu'en 2018
Logo du Nadeshicon jusqu’en 2018
Logo actuel du Nadeshicon
Logo actuel du Nadeshicon

 

Nadeshicon (Québec)

Fondé dans un cadre universitaire par des passionnés de culture japonaise, le Nadeshicon a eu lieu chaque année dans les locaux de l’Université Laval, à Québec. En 2019, il aura lieu pour la première fois au Centre des congrès de Québec. Le nom de la convention est un dérivé du mot japonais « nadeshiko », qui est le nom japonais de la fleur d’œillet qui fleurit au printemps, saison durant laquelle a lieu la convention. Le nom fait aussi référence à l’expression « yamato nadeshiko », qui désigne une idée de femme parfaite ou d’un idéal. Maude Cuerrier, présidente du conseil exécutif, explique que ce nom représente entre autres leur objectif de viser la perfection. « C’est sûr qu’on ne se vante pas d’être parfait; on a beaucoup à apprendre, beaucoup à améliorer. C’est très enrichissant à chaque année ».

L’histoire du Nadeshicon est étroitement liée à celle du Club Anime Québec (CAQ). Le CAQ a vu le jour en 1992 à l’Université Laval. Il a été créé par François Vézina et Sébastien Caisse, deux grands amateurs de dessins animés japonais. Le Club propose des projections d’animes en groupe. En 2009, le CAQ organise un souper culturel qui comprend plusieurs activités liées au Japon comme une dégustation de sushi, des jeux de go et des démonstrations de calligraphie. Selon les organisateurs du festival, l’idée « d’en faire une convention durant laquelle plusieurs activités auront lieu, à l’image des conventions nord-américaines », est née durant ce souper culturel. L’année suivante, ces rencontres culturelles s’agrandissent rapidement et comprennent des collaborations avec un Club de Go et Les Seigneurs de Naguère (club de jeux de rôle). La même année, le Club connaît sa première collaboration avec le consulat du Japon, qui a prêté des objets culturels. C’est à ce moment que se « développe une relation de confiance avec le CAQ pour les années à venir » qui sera précieuse pour le festival. Toujours impliqué, le CAQ constitue maintenant le Conseil d’administration du festival. 

Le Nadeshicon en tant que tel prend donc forme en 2011 et la première édition a lieu les 9 et 10 avril. Dès le départ, le festival comprend une mascarade, des invités, des panels et des ateliers. Maxime Girard, grand passionné du Japon, est l’un des fondateurs du festival et aujourd’hui membre du comité exécutif. D’après lui, l’événement a réussi grâce au travail acharné des collaborateurs, alors que la majorité d’entre eux n’avaient pas d’expérience dans l’organisation de conventions. Ils s’inspireront d’abord de ce qui se faisait ailleurs. « On a tout appris sur le tas », affirme Maxime Girard. Ce dernier a travaillé entre autres pour l’Otakuthon et le Comiccon de Montréal et a apporté cette expérience au Nadeshicon.

La première édition a attiré 650 personnes alors que la dernière édition en 2018 a réuni 2350 participants. Les organisateurs sont satisfaits du succès de l’événement en dépit du petit marché que la ville de Québec représente. Le Nadeshicon a pris rapidement de l’expansion, ses activités se sont diversifiées et le nombre de locaux utilisés augmente graduellement. Le festival passe à trois jours en 2013.

Les objectifs du Nadeshicon se divisent en trois points : que les cultures populaire et traditionnelle du Japon soient présentées en parties égales, que le festival soit général et familial et que le tout soit à faible coût. Bien que pour les organisateurs, ces trois points sont tous d’une grande importance, c’est le premier qui ressort le plus. « Nadeshicon a été créé dans le but de tenir diverses activités servant à propager davantage la culture japonaise si chère au Club Anime Québec, et ce, sous toutes ses formes », précisent les organisateurs du festival.

Dans le cas du Nadeshicon, diffuser la culture plus traditionnelle fait clairement partie de son mandat. « La vocation du Festival Nadeshicon […] demeure la promulgation et la célébration de la culture japonaise telle que véhiculée par les mangas tout en éduquant le grand public sur la réalité de la culture japonaise autant actuelle qu’ancestrale ». Autrement dit, le festival tient à offrir les deux côtés aux visiteurs. 

Concrètement, cela se retrouve dans les activités, les ateliers et les invités. Parmi les activités traditionnelles, on peut retrouver des ateliers sur la cérémonie du thé et le volet folklorique propose de la danse et de la musique. Au fil des années, le Nadeshicon a présenté aussi des ateliers sur les arts martiaux, des acrobaties, de la calligraphie japonaise, des témoignages de voyages au Japon, un atelier de kimono 101 et plusieurs autres. Toutes ces activités côtoient sans problème les mangas et les jeux vidéo.

Cependant, gérer cet équilibre entre les deux types d’activités représente parfois un défi pour les organisateurs. Comment faire pour intéresser tout le monde « est la question qu’on se pose constamment, parce que les gens qui sont costumés, c’est quasiment 80 % des festivaliers. C’est donc de donner les horaires précis pour qu’ils puissent quand même assister à ces aspects traditionnels », explique M. Girard. Par ailleurs, les organisateurs du festival précisent que même si le public visé se veut le plus large possible, le « public principal s’avère être les adolescents, qui commencent à découvrir la culture japonaise populaire, ainsi que les familles à la recherche d’événements culturels s’adressant à un public général. »

Pour en savoir plus sur le projet GeekQCon

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