GeekQCon – Geek-it! (2019-)

Comme nous l’avons vu dans les derniers billets, de nouvelles conventions voient le jour pratiquement chaque année, et ce, partout dans la province. Ce mois-ci, nous vous en présentons une autre, qui se démarque un peu des autres. En effet, si beaucoup de conventions se présentent comme des projets de passionnés qui sont souvent des organismes à but non lucratif, le Geek-it! se présente plutôt comme une start-up qui a l’objectif de grandir tout en faisant le plaisir des fans. Regardons de plus près la très jeune histoire de cet événement et comment les organisateurs envisagent son avenir.

Geek-it

Geek-it! (Montréal)

Comme beaucoup d’événements, le Geek-it! commença un peu par hasard avec une rencontre. Les deux fondateurs de Geek-it! sont Tom Sun, chef d’opération, et Shao Hang, président. Ils se connaissaient déjà lorsque tout commença en 2018 au bar gaming Meltdown sur la rue St-Denis, à Montréal. Ce qui devait être au départ qu’une rencontre, un gathering de joueurs de jeux vidéo s’est transformé accidentellement en convention. « Mon partenaire voulait se lancer dans les conventions », raconte Tom Sun. Shao Hang en est un habitué en effet, mais pas Tom Sun, que rien ne prédestinait à gérer ce type d’événement. Il décrit d’ailleurs la création du Geek-it! comme étant un accident en ce qui le concerne. En revanche, il a une bonne expérience dans l’organisation d’événements; les deux partenaires se complètent parfaitement.

Le Geek-it! a commencé modestement. La première édition a eu lieu les 6 et 7 avril 2019 au Grand Quai du Vieux-Port de Montréal et était plus concentrée sur le jeu vidéo. La mission principale de la convention était de « mettre de l’avant les développeurs de jeux vidéo indépendants québécois ». Cette première mouture proposait donc des tournois, des conférences de gens de l’industrie et des découvertes de jeux indépendants. Cependant, on retrouvait déjà des concours de cosplay et autres activités plus communes aux conventions.

Cette première édition a eu un bon succès; pour la deuxième édition, une foule de 4000 personnes est attendue. Après le succès de la première convention, les organisateurs ont réussi à lever plus de fonds pour la suite. Quelques changements ont aussi été faits. La durée a passé à trois jours et l’emplacement a été changé au CEPSUM de l’Université de Montréal. Le contenu a aussi un peu changé. « On écoute plus la communauté et ce que les gens veulent », dit Tom Sun. C’est pour cela que graduellement, la convention se dirige vers un événement qui présente des youtubeurs, le streaming de jeux vidéo et le cosplay, toujours un élément très populaire dans les conventions.

Les organisateurs ont aussi convenu qu’ils avaient besoin d’aide pour parfaire leur événement. Ils ont pris dans leurs rangs des gens d’expérience venant d’autres conventions, par exemple du G-Anime. Ils ont aussi visité de nombreuses conventions aux États-Unis, ailleurs au Canada et même à Londres. Ils ont beaucoup appris de ces visites, qui leur ont permis de s’améliorer et de récolter des idées à importer dans la province. Le portrait de ce qu’ils souhaitent pour leur événement commence à se dessiner. Tom Sun souhaite par exemple un environnement complètement interactif. « Par exemple, au Comic Con de New York, ils ont un système pour tout gérer : marchands, artistes, participants. On essaie de faire ça ici ». Un tel système permet de voir les contenus de ce qui est proposé avant la convention. Déjà cette année, le site web de la convention offre une section où certains marchands proposent d’avance leurs produits. Ça reste un défi de voir tous les marchands, précise le chef des opérations. Le tout est fait dans une idée de marketing, un élément très important pour le Geek-it!.

Dans un même ordre d’idées, les organisateurs souhaitent rendre l’expérience la plus interactive possible aussi pour les inscriptions. Ils ont comme objectif de réduire les lignes sur place le plus possible. Déjà cette année, des améliorations ont été mises en place par rapport à cela et pratiquement tout se fait en ligne.

Pour ce qui est du contenu, les organisateurs souhaitent ne pas surcharger le programme et offrir trop d’activités. En ce sens, le billet comprend tout ce qu’il y a dans la convention. Par exemple, il n’y a pas de billet séparé à acheter pour un concert, comme cela peut être le cas ailleurs. Les activités proposées restent quand même variées. En plus des traditionnels concours de cosplay et salle des marchands, l’événement propose des tournois de jeux vidéo, quelques spectacles, des ateliers et spectacles de lutte, une soirée de danse, des stations de streaming et quelques autres événements thématiques. Quelques invités du milieu geek seront aussi présents. Il y a évidemment de quoi satisfaire un public, mais une offre effectivement un peu plus modeste que d’autres événements. On peut avoir l’impression que le Geek-it! va dans une direction différente des autres conventions.

Il faut aussi dire qu’il s’inspire de plus en plus de conventions comme le TwitchCon, un événement pour la communauté Twitch et qui est axé sur les jeux vidéo et le streaming. C’est vers cela que les organisateurs souhaitent se diriger et non vers une autre version d’un Comiccon.  Mais ce n’est pas le seul aspect qui différencie le Geek-it! des autres événements du genre de la province.

Un modèle d’entreprise différent

La plupart des conventions que nous avons vues sont des organismes à but non lucratif dirigés par des bénévoles. C’est par exemple le cas pour l’Otakuthon, le G-Anime ou le RubikCon. Ce qui n’est pas du tout le cas de Geek-it!, qui est une entreprise incorporée sous le nom de Divertissements Geek-it!. S’il y a quelques bénévoles pour la durée de la convention, la plupart des employés de la petite organisation sont à temps plein et payés. En fait, Tom Sun définit Geek-it! comme étant une start-up. Ce modèle explique l’importance du marketing, de la mise en marché, du plan d’avenir et le fait que les ressources sont gérées de manière différente. Or, même s’il a une gestion et des objectifs différents, le Geek-it! n’en reste pas moins une convention pour les fans avec tout ce que cela comporte comme défis, et en cela, elle est très semblable à toutes les conventions dont on a parlé ici.

Même si le Geek-it! est encore très jeune, les organisateurs ont déjà un souhait de ce qu’il pourrait devenir. L’objectif à long terme est d’être présent dans plusieurs villes, mais de rester centralisé. Autrement dit, aller par exemple dans des conventions déjà établies et présenter ce qui se fait au Québec pour « amener cette culture plus francophone partout dans le monde ». Il est en effet important de préciser que le côté québécois et francophone de la convention reste très important pour l’organisation. Tom Sun dénombre aussi de nombreuses idées pour un avenir plus rapproché : « on souhaite avoir des thématiques, des compétitions, aller rencontrer des organisateurs d’autres conventions aux États-Unis… »

Changer les plans

En raison de la pandémie de COVID-19, le festival, qui devait avoir lieu en avril 2020, a été déplacé en juin de la même année, toujours au CEPSUM. Il y a eu évidemment une certaine difficulté à changer les plans à la dernière minute. « Ça demande beaucoup de temps et de travail », admet Tom Sun. Il faut gérer tous les contacts avec les marchands et le public. De plus, la nature de l’entreprise fait qu’il y a, malgré tout, des employés à payer. Le chef des opérations espère que cette crise ne fera pas trop de mal.

Pour en savoir plus sur le projet GeekQCon

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *