GeekQCon – Montreal Science-Fiction Festival (1993-1994)

Au début des années 1990, les fans de science-fiction avaient plusieurs occasions de se rassembler dans des conventions à travers Montréal. Nous avons déjà abordé l’histoire de Con*Cept (1989-2011) et de Star Trek Creation Convention (1991-1995). Cette fois-ci, nous vous racontons l’histoire d’une convention ambitieuse, mais qui, malheureusement, n’a eu que deux éditions.

Montreal Science-Fiction Festival

Montreal Science-Fiction Festival (Montréal)

Nous devons la création du Montreal Science-Fiction Festival à deux coprésidents : Chris Chartier et Bill Gathercole. Ce festival était principalement organisé par des membres du fan club montréalais Warp 9, mais acceptait également l’aide de bénévoles à l’extérieur du groupe. Lynda Pelley, membre du comité organisateur, était honorée de prendre part à cet événement. Elle raconte les coulisses de cet événement dans un numéro du fanzine Warp :

It was the best con-com experience that I’ve ever had. Those of us on the committee felt that we were an important part of the event, that our input was valued. The perks were excellent too: free admission to the $40.00 weekend convention, and free Festival T-shirts. Sometimes Bill even treated us to pizza at the « FestCom » meetings (thanks Bill). But what impressed me most of all was the letter I received three or four days before the convention. It was a letter of encouragement and personal thanks, written by Bill and Chris, which (I assume) was sent to all of the Festival committee members and volunteers. Its been a long time since I was this impressed by anyone in fandom. Definitely a touch of class. (Pelley, p. 21)

La première édition du Montreal Science-Fiction Festival a lieu les 3 et 4 juillet 1993, à l’hôtel Holiday Inn de Pointe-Claire. En plus des activités habituelles d’une convention (panels, salle marchande, mascarade, etc.), on y retrouvait un « Cabaret », c’est-à-dire un spectacle de variétés mettant en vedette quelques invités du festival ainsi que des participants :

MC’ed by a very funny John Levene, the show inclued a soulful performance by those rockin’ timelords, « The Who’s Brothers »; the reading of a nursery story by Larry Stewart, who gave the tale’s characters the voices of a few favourite Trek characters; a one-man comedic skit by Arne Starrl and Robin Curtis’ reading of several letters she’d received from her parents and friends at differents times in her life (a tad too touchy-feely for my tastes, but the audience seemed to like it). The show wrapped up with audience joining performers in a closing song. While a few of the acts went on just that couple of minutes too long, the Cabaret was well received by most. (Braithwaite, p. 20)

Malheureusement, cette première mouture du festival a attiré entre 300 et 350 participants, alors que les organisateurs espéraient en attirer 600. Dans sa critique de cette convention, Keith Braithwaite mentionne trois éléments qui ont nui à cet événement : l’emplacement, le moment choisi ainsi que le coût du billet.

D’abord, l’emplacement, l’hôtel Holiday Inn de Pointe-Claire, qui aurait pu décourager certains participants dans leurs déplacements :

The Holiday Inn Pointe Claire (a perfectly fine facility, incidentally) was easy enough to traval if you lived in the area, or had a car, but bussing it out there on a weekend, from dowtown, the Shouth Shore, or Laval was no easy trek. Many potential attendees, I suspect, just didn’t bother. (I’ve talked to quite a few people since the Festival took place and have discovered that many were most definitely deterred by the long bus trip they would have had to make.) A more central – in other words, downtown – location would positively have resulted in higher attendance figures. (Braithwaite, p. 21)

Puis, le moment choisi, c’est-à-dire la fin de semaine du 3 au 4 juillet, alors que certains participants étaient possiblement en mode « vacances » ou en train de participer à d’autres événements, comme le Festival International de Jazz de Montréal. Enfin, le prix d’un billet pour deux jours s’élevait à 40 $ (plus un supplément de 3 $ pour assister au Cabaret), ce qui correspond à un billet de deux jours pour Star Trek Creation Convention à la même époque (Source : Warp, #27, février 1994, p. 12).

Heureusement, pour la deuxième édition, les organisateurs ont réajusté ces éléments. Cette fois-ci, le Montreal Science-Fiction Festival II s’est déroulé les 24 et 25 septembre 1994 au Ramada Inn (aujourd’hui l’hôtel Espresso), dans le centre-ville de Montréal. Cet événement attire l’attention de quelques médias, au point d’apparaître dans quelques articles de journaux. L’un d’eux, paru dans La Presse le 22 septembre 1994, a attiré notre attention par son introduction basée sur les stéréotypes :

Pour plusieurs, la science-fiction n’est qu’un bête divertissement pour ados en manque d’idéaux. Dans les livres de psycho, on en parle comme d’un « univers transitoire permettant à l’enfant de passer à l’âge adulte ».

Si c’était vrai, nous serions nombreux à être complètement attardés.

Nombreux et actifs, car les amateurs de « sci-fi » – comme on dit dans le milieu – sont solidaire et ont leurs propres réseaux de communication via des magazines spécialisés, des fans clubs et des conventions, comme le « Montreal Science-Fiction Festival » dont la deuxième édition aura lieu samedi et dimanche au Ramada Inn du centre-ville, à deux pas du métro Guy-Concordia. (Lepage, D3)

Dans sa critique de l’événement, Kevin Holden reconnaît les efforts des organisateurs en matière de publicité :

The Montreal market was inundated with Fest propaganda, some of it in the pipe well before the event. (The local media outlet for which I slave received its first batch of promo-flyers several months in advance of the con.) Fest television commercials were produced and aired during the broadcast of popular SF shows. Ford Canada was prevailed upon to be part-sponsor of the event. The Montreal Gazette gave favourable ink on the eve of the con and TV crews showed up the next morning, one of them to do periodic live remotes from the site, as if they were covering a summit of world leaders. That kind of PR is priceless! (Holden, p. 18-19)

Pendant cette fin de semaine, le festival réussit à attirer environ 700 personnes, ce qui était suffisant pour couvrir les frais de l’événement (Source : Warp, #32, février 1995, p. 38). Cependant, par manque de fonds, les organisateurs devaient annuler le prochain festival.

Or, sur une note d’espoir, Chris Chartier avait annoncé la tenue d’un événement d’un jour, intitulé Montreal Science Fiction Festival and Comic Book Show, qui devait avoir lieu le 23 septembre 1995 (Source : Warp, #33, avril 1995, p. 6). Malheureusement, cet événement fut annulé à son tour :

The word going around is that one of the financial backers of the show bowed out at the last minute, leaving the con short of the cash it needed to cover guest expenses. Money could not be raised elsewhere or costs sufficiently trimmed, and the event quickly collapsed. Co-chair Chris Chartier, who had decided that this con « was to be my last, » has seen to it that all persons who registered in advance for the show receive a full refund.

This unfortunate turn of events almost certainly spells the end of the financially troubled series of media sci-fi cons which Chris and partner Bill Gathercole have spearheaded these past few years. Regrettably, Montreal has lost a darned good little con. (Source : Warp, #36, décembre 1995, p. 21)

En conclusion, cette histoire nous rappelle à quel point l’argent peut avoir un rôle crucial dans ce que nous pourrions appeler « l’écosystème des conventions ». Holden mentionne que dans les douze mois précédant la deuxième édition du festival, Montréal avait été l’hôte de six conventions :

With so many cons going, it’s certain that many fans found they just couldn’t afford ’em all. Fest II was our last con of the year, and having already spent their money at other cons earlier on, a lot of fans had to pass on the Fest. Creation brought Jimmy Doohan to town only a month before the Fest, leaving fans insufficient time to gather up enough empty beer and soft drink cans to be able to afford another con so soon! And the Fest was pricey, too. With such a stellar (and expensive) guest line-up, the con had to set its admission price at the high end of the scale: $40 for the weekend (and more, if you wanted to attend the Cabaret, or special activities like the model-building workshop). Add it all up and you’re looking at a big chunk of change, too big a chunk for many fans. (Holden, p. 19)

À titre de comparaison, en 2019, cinq des événements que nous avons abordés jusqu’à maintenant se déroulaient à Montréal, soit le Festival Draconis, le Comiccon de Montréal, l’Otakuthon, FantastiCon et Scintillation. Bien entendu, ces événements ne rejoignent pas nécessairement les mêmes intérêts geek, mais il s’agit possiblement de la preuve que la culture geek fait maintenant partie de la culture mainstream et rejoint un plus grand nombre de personnes. Néanmoins, chaque comité d’organisateurs doit demeurer prudent dans la gestion de ses finances afin d’assurer la place de son événement dans cet « écosystème ».

Pour en savoir plus sur le projet GeekQCon

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *