GeekQCon – TransWarp (1992-1994)

Un relaxacon est une convention dans laquelle la programmation est si légère que les organisateurs peuvent prendre le temps de relaxer pendant l’événement. Certaines conventions que nous avons abordées dans notre recherche, comme Anthrofest et Scintillation, peuvent être considérées comme des relaxacons en raison de leur caractère intimiste. C’était également le cas de TransWarp, une convention montréalaise des années 1990. Toutefois, cet événement se distinguait particulièrement par la diversité de ses organisateurs.

TransWarp

TransWarp (Montréal)

TransWarp est avant tout une « méga-rencontre » organisée par quatre des clubs les plus importants du fandom montréalais des années 1990 : la Montreal Science Fiction and Fantasy Association (MonSFFA), Warp Nine, The High Council of Gallirey (un fan club de Doctor Who) et Quemar Squadron, un chapitre local du Klingon Assault Group (un regroupement international de fans des Klingons de Star Trek).

Dans le numéro 19 du fanzine Warp, nous retrouvons une explication derrière le nom de cet événement :

« The event is dubbed TransWarp, « Trans » referring to the multi-club co-operation this meeting is partly designed to encourage within Montreal fandom, and « Warp » giving a nod to this newsletter, the Warp Nine Club and their newsletter, Warp Factor (TransWarp was originally conceived of as a MonSFFA/Warp Nine venture, but soon grew to include the other two clubs). » (Source : Warp, #19, février 1992, p. 10)

La première édition du TransWarp a eu lieu le 12 avril 1992, au YMCA du centre-ville de Montréal (1440, rue Stanley), à proximité de la station Peel. Les membres appartenant à l’un des clubs mentionnés plus tôt avaient un accès gratuit à cet événement. Quant aux non-membres, ils devaient payer leur entrée pour 2 $.

Pendant une journée, près de 125 participants pouvaient assister à des panels, contempler des modèles, des costumes et des pièces de collection dans une salle d’exposition, se nourrir à un « snack-bar » et prendre part à des enchères vendant des pièces de collection apportée par les membres. La moitié des profits était remise à un organisme de charité (Sun Youth/Jeunesse au soleil), l’autre moitié était partagée entre les clubs organisateurs (Source : Warp, #20, mai 1992, p. 3).

Devant le succès de cette miniconvention, les organisateurs répètent l’expérience, cette fois-ci à l’hôtel Maritime (1155, rue Guy), le 23 mai 1993. Par contre, le coût d’entrée augmente à 5 $, mais demeure gratuit pour les membres des clubs organisateurs (Source : Warp, #24, mai 1993, p. 8).

Fait intéressant à noter : chaque club est responsable d’un panel dans la programmation. Dans son compte rendu d’édition 1993 pour Warp, Keith Braithwaite énumère les sujets abordés par ces organisations :

«  Each of the sponsoring clubs was responsible for an hour of programming; Warp Nine did a panel of the SF TV shows of Gerry Anderson, The High Council of Gallifrey pitted Daleks against Cybermen to determine which was the more villainous (and to see which could tread water the longest!), and MonSFFA discussed film adaptations of SF/F books and novelizations of SF/F films. The Quemar Squadron very graciously relinquished its scheduled afternoon panel in order that the popular SF/F Books and Collectibles Auction be allowed to go a litter longer. » (Braithwaite, p. 17)

Toujours dans son rapport de convention, Braithwaite mentionne la présence de Larry Stewart, un fan, mais aussi un artiste et humoriste qui a participé à de nombreux événements à Montréal et qui n’a que de bons mots pour le fandom montréalais :

« Larry has guested at Montreal cons and mini-cons since 1988, when he attended Q-Con. He contributed greatly to making the first Con•cept (in ’89) a success and has MC’ed all of the Con•cepts since. By the end of this year, he’ll have guested at no less than five Montreal fannish events, including the new Montreal Science Fiction Festival and the fifth anniversary edition of Con•cept. Larry has always praised Montreal fandom for the way in which the different groups get together to engage in co-operative ventures, like TransWarp. That everyone gets along so well, and co-operates so readily, he has said, is a rare thing in fandom (regrettably) and something that should be encouraged. » (Braithwaite, p. 17)

Avec une estimation d’entre 100 à 120 participants, TransWarp 1993 fait partie des plus petites conventions de Montréal à cette époque (Source : Warp, #27, février 1994, p. 13). Cela n’empêche toutefois pas les clubs de récidiver avec une troisième édition, qui a eu lieu le 15 mai 1994, toujours à l’hôtel Martitime, avec environ 130 participants. De plus, les clubs peuvent compter sur l’Association québécoise des joueurs de simulation (AQJS), qui se joint à l’équipe organisatrice. Encore une fois, les enchères forment l’événement le plus populaire de cette journée :

« This auction serves as a fund-raiser for the TW clubs. Star Trek props, movie posters, autographed photos of sci-fi TV stars, books, comics, videos, fantasy figurines, and more were all up for grabs as the auction ran past its allotted time (about the only beef that TW ’94’s organizers received post-con had to do with the auction running too long). » (Phillips, p. 11)

Malheureusement, l’édition 1995 de TransWarp ne verra jamais le jour, en raison de changements au sein de plusieurs clubs. En effet, avec le départ d’Andrew Gurudata pour Toronto, The High Council of Gallifrey n’arrive pas à remplacer son président et ses membres ont transféré leur affiliation au fan-club torontois fondé par Gurudata.

Des changements se sont également produits parmi les clubs canadiens du K.A.G. À titre d’exemple, Klingon Imperial Diplomatic Corps (KIDC), basé à Montréal, s’est séparé du K.A.G./Kanada en raison de différentes approches en matière de gestion de club (Source : Warp, #36, décembre 1995, p. 22).

Ainsi, avec la dissolution du High Council of Gallifrey et les transformations à travers K.A.G./Kanada, TransWarp ne comptait plus suffisamment de clubs pour soutenir son financement et son organisation. Néanmoins, il aura été la preuve que les fandoms pouvaient se soutenir mutuellement, ne serait-ce qu’un instant.

Pour en savoir plus sur le projet GeekQCon

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